Libération devient une société à but non lucratif

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Après s’être désengagé de L’Express, Altice se sépare de son autre titre de presse.

 Par Alexandre Debouté, LE FIGARO

Une nouvelle ère s’ouvre pour Libération. Son propriétaire, Altice France, a a annoncé ce jeudi matin un changement important pour le quotidien. Le groupe de Patrick Drahi, qui le contrôle depuis 2015, va créer un fonds de dotation dans lequel il transférera la société éditrice du titre, sa régie et sa société de développement technologique. Altice s’engage à éponger les dettes du journal et à «lui donner, progressivement, les moyens nécessaires au financement de son exploitation future et ainsi garantir son indépendance à long terme», souligne un communiqué qui assure que «cette nouvelle structure (lui) garantit sa totale indépendance éditoriale, économique et financière».
Si le projet doit encore être présenté aux représentants du personnel, il a toutes les chances d’aboutir. Il créera une première en France pour un titre national.

Désengagement de la presse
Après avoir cédé l’année dernière la majorité du capital de L’Express à Alain Weill, Altice poursuit et achève, à travers cette opération, son désengagement de la presse écrite.
Le groupe dirigé par Patrick Drahi souligne que dans son giron Libération s’est redressé ces dernières années, retrouvant «une dynamique économique et commerciale positive tout en maintenant une excellence éditoriale». Il rappelle notamment que «menacée de disparition à plusieurs reprises, sauvée du dépôt de bilan en mars 2014 par Patrick Drahi, (Libération) a regagné sa place centrale dans le débat français et a rattrapé son retard dans le numérique.»
La structure non lucrative Libération sera logée dans un fonds de dotation qui redistribuera ses profits à des fondations «dont la Fondation de France pour son programme de soutien à Reporters Sans Frontières, la Fondation Hôpitaux de Paris et Hôpitaux de France et la Fondation SFR au profit de l’accès au numérique pour des publics fragiles», précise Altice. Tout autre mécène pourra y abonder. Au conseil d’administration du fonds siégeront le directeur de la rédaction, Laurent Joffrin, qui devrait quitter son poste à la fin de l’année tout en conservant un rôle d’éditorialiste, ainsi qu’Arthur Dreyfuss, le directeur général d’Altice Média, maison mère de BFMTV.