LE PROGRÈS : du sabordage… à la Résistance

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Le 12 novembre 1942, alors que les troupes allemandes, déferlant vers la Méditerranée, traversent la ville, Emile Bremond, en accord avec les journalistes Yves Farge, Georges Altmann, Rémy Roure et Pierre Corval, refuse de se plier aux consignes imposées par la censure de Vichy et annonce à ses lecteurs sa décision de saborder le journal “Le Progrès”, après la publication de son numéro 30 037 du 12 novembre.

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“Le Progrès” est le seul quotidien régional à cesser volontairement de paraître en raison de l’occupation allemande. Le numéro 30 037 du 12 novembre 1942 sera donc le seul et unique publié durant la seconde occupation allemande de la ville. Le journal clandestin « Combat », en décembre, dira de ce sabordage — de celui du « Figaro »et plus tardivement de celui du « Temps », deux « parisiens » repliés à Lyon — qu’il signifiait « à intelligible voix qu’il n’y avait plus désormais de place dans la presse française, que pour le mensonge, la sénilité, la duplicité ». « Réconforter les résistants et avertir l’opinion, ajoute un autre observateur, tel pouvait bien être le sens profond du sabordage ».

Dès 1941, plusieurs rédacteurs et ouvriers typographes et linotypistes du journal se sont personnellement engagés dans le combat de la Résistance : Yves Farge, Georges Altmann, Marcel Rivière et aussi René Leynaud, Francisque-Louis Vacher et Paul Jaillet qui, tous trois, paieront de leur vie leur engagement. Le journal Le Progrès, seul des grands quotidiens lyonnais de l’avant-guerre, est autorisé à reparaître le 8 septembre 1944, sous son titre d’avant guerre, dans sa 85e année d’existence, avec le numéro 30 038.                                         

 G.C.