L’AJPQL dans la vague des Sociétés de secours mutuel

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Crée en 1896,  l’Association des Journalistes de la Presse Quotidienne Lyonnais (AJPQL)  a , dès sa création, demandé sa reconnaissance comme Société de secours mutuel. Autorisée le 30 DEC 1896 par le Préfet du Rhône, elle porte le numéro 274.
UN CONTEXTE PORTEUR

Ce n’est pas le fruit du hasard si les journalistes lyonnais de cette période souhaitent créer leur propre outil d’entraide et de prévoyance en cas de coups durs. La Sécurité sociale n’existant pas, on a assisté ,à partir de 1850,à un rapide essor de ces associations mutualistes avant la lettre. ce mouvement s’inscrit dans le sillage du formidable essor industriel du XIX°siècle,  parallèlement à l’émergence des thèses sociales filles du siècle des Lumières, .
Pour certains, l’existence de ces ancêtres de nos mutuelles d’aujourd’hui trouve son origine dans la nuit des temps antiques. Plus précisément, les statuts des loges des maçons des cathédrales portent déjà ce besoin de protection des travailleurs et de leurs familles. Le principe se prolongera dans les corporations…et leur survivra après leur abolition, pour ressurgir sous le Premier Empire, malgré le régime de l’interdit associatif de la loi Le Chapelier de 1791. Suit alors une période de semi-clandestinité qui n’empêchera pas les salariés de certains métiers d’organiser la solidarité , dans   la soierie et l’imprimerie par exemple, .

Un décret signé en 1852 , sous la Deuxième République, par Louis-Napoléon Bonaparte, peu de temps avant de devenir Napoléon III,  officialise ces associations, avec trois statuts possibles :  sociétés autorisées (utilité publique, sous tutelle et réglementées),  sociétés approuvées (statuts soumis au préfet, effectifs limités et président nommé, avantages fiscaux et financiers) et  sociétés libres (sans soutien financier des communes). Ce  régime d’autorisation s’inspire largement d’une conception territoriale, qui fait du maire et du curé les principaux moteurs du mouvement, mais témoigne aussi d’une volonté de mise sous contrôle,  de peur qu’elles ne deviennent un soutien des mouvements ouvriers.
Le principe est le même quel que soit le statut :en contrepartie d’un droit d’entrée et d’une cotisation mensuelle, les sociétés de secours mutuel assurent  des prestations en cas de maladie (indemnités journalières, remboursements médicaux et pharmaceutiques), parfois la prise en charge des obsèques et le versement d’une pension de retraite. Certaines sociétés incluent des prestations complémentaires pour les femmes et les enfants. Leur essor est rapide: fin 1862, on en compte quelque 4562 avec 639 044 membres, dont 73 881 honoraires et 565 163 participants; les membres honoraires sont des bienfaiteurs. En 1870, le nombre de sociétés atteint environ 6000 (pour la plupart approuvées) avec 800000 sociétaires.

Les AMBITIONS de l’AJPQL
« venir en aide et garantir l’honorabilité »

La première assemblée générale de l’AJPQL s’est tenue le 20 février 1897 sous la présidence de Jules Coste-Labaume. Quelques jours plus tard, le 27 février, l’AJPQL célébrait son organisation définitive par un banquet réunissant plus de cinquante convives.
ajpql-societe-secours-mutuel-274-references-pour-articles-site-ajpresseL’occasion pour les nombreux orateurs de souligner qu’étaient rassemblés, « sous le signe de la cordialité et de la concorde, la plupart des journalistes de la presse quotidienne lyonnaise à quelque doctrine, à quelque parti politique qu’ils appartiennent ». Déjà, par le passé et à diverses reprises, « la presse lyonnaise avait su donner la mesure de ce que peuvent produire son union et son entente, soit en se vouant à des œuvres de bienfaisance, soit en apportant son puissant concours au soulagement des misères publiques ». Dans le même esprit, l’AJPQL avait la volonté « de venir en aide à des confrères atteints par la maladie, la vieillesse ou l’infortune ». Elle entendait également « garantir l’honorabilité de notre profession et imposer le respect qui lui est dû ».